serre de jardin
Maison / Jardin

Le semis sous serre

Pour utiliser au mieux le temps et l’espace dont il dispose, le jardinier aura intérêt à procéder à des semis serrés dans des petits lopins, appelés pépinières, pour transplanter les plantes déjà dotées de racines et prêtes à démarrer immédiatement leur phase de développement. De la sorte, on abrège le cycle de production et un plus grand nombre de légumes pourront se succéder dans les mêmes planches.

Cette pratique nécessite de la patience et un certain savoir-faire et le jardinier devra beaucoup s’occuper des plantules après le repiquage mais les résultats obtenus seront bien supérieurs. En effet, les graines semées ont des besoins spécifiques et posent de nombreux problèmes qu’il serait impossible de résoudre sur des surfaces plus vastes. On le comprendra aisément, il est possible, sur une surface limitée, de travailler avec un plus grand soin. Ainsi, le jardinier pourra procéder plus souvent aux arrosages, à la fertilisation, à la protection des intempéries, à la défense phytosanitaire des plantes, etc.

En serre de jardin, cette défense sanitaire se base surtout sur la prévention des maladies grâce à la stérilisation du terreau. En outre, il est possible d’offrir des conditions favorables à la germination en influant sur l’exposition et les substrat. On prépare ainsi ce que l’on appelle “la couche de semis” composé d’un terreau approprié, souple et d’une granulométrie plus fine que celui utilisé généralement dans les potagers car la pousse, pour pouvoir sortir sans mal, doit être surmontée d’un substrat léger. Il serait très onéreux et pratiquement impossible de recouvrir tout le potager d’un substrat à semis qui, par ailleurs, ne serait pas approprié pour les plantes en production. Pour que la graine germe et pour que la plantule prospère dans la première phase de développement, il est nécessaire de maintenir une humidité constante mais modérée grâce à des arrosages légers. Il est nécessaire, dans ce cas, de protéger la pépinière avec un grillage à mailles fines, en plastique ou en fil zingué, qui fractionne le jet d’eau. Etant donné que les semis ont besoin de chaleur mais craignent le soleil, on utilise des grillages en Nylon pour les ombrager. Dans le même temps, ces grilles assureront une protection contre les intempéries car elles arrêtent la grêle et atténuent la violence des pluies.

Pour des raisons de commodité évidentes, la pépinière doit se trouver à proximité du potager. L’exposition la plus appropriée est au sud car, après les premières étapes de la phase de germination où il est nécessaire de créer de l’ombre, les plantes ont besoin de beaucoup de lumière et ne doivent être protégées pendant les heures d’ensoleillement intense. La solution la plus simple consiste à entourer le lopin d’un muret. Il n’est pas nécessaire de tracer des sillons, car on préférera l’irrigation en pluie ou au goutte-à-goutte. La hauteur de ces murets doit être de 50 cm, de manière à pouvoir contenir une couche de semis de 20 cm au moins et à permettre la pose de protections.

Pour préparer la couche de semis, on mélange en parts égales du compost parfaitement décomposé, du sable et de la tourbe. Pour obtenir un mélange homogène, il convient de constituer avec ces matériaux une couche d’une vingtaine de centimètres sur le sol puis de mélanger le tout avec un râteau. Ensuite, on passe le mélange dans un tamis à mailles pas trop fines (10-15 mm) afin de ne pas perdre la structure grumeleuse. Cette opération, destinée à éviter que le terreau ne devienne trop compact, peut être réalisé au moment de l’utilisation.